Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 22:23

Une lecture d'un soir qui fait suite à ma relecture du magnifique L'Autre rive du même auteur, que je pensais chroniquer avant de découvrir que je l'avais dejà fait il y a quelques années.

 

Résidence dernière, petit livre paru chez un éditeur qui m'était totalement inconnu, les éditions des Busclats, autant dire que j'avais toutes les chances de passer à côté si je ne l'avait trouvé par hasard en chinant, est un recueil de nouvelles fantastiques écrites entre 2007 et 2009 et qui ont en commun le thème des écrivains en résidence. Par ailleurs le point commun est encore plus évident par le fait que les résidences d'auteurs se ressemblent beaucoup d'une nouvelle à l'autre : il s'agit toujours d'antiques châteaux à la campagne, cadre propice s'il en est au fantastique (lequel n'en est pas cliché pour autant, bien au contraire), et qui parle particulièrement à mon propre imaginaire.

Le montreur de sphinge, qui ouvre le recueil, nécessite probablement plusieurs lectures pour être appréciée pleinement. A chaud, comme ça, je n'ai pas bien saisi le rapport entre la première partie de la nouvelle, où le narrateur écrivain est abandonné à lui-même dans sa résidence et livré à ses fantasmes amoureux, et la dernière, la plus fantasque, la rencontre avec le montreur de sphinge du titre. En attendant d'avoir assez médité sur la symbolique de la nouvelle, rien ne m'a empêché d'un goûter l'ambiance. C'est des trois, le texte le plus proche de L'Autre rive, la "transfiction" par excellence, où le fantastique a les deux pieds dans la glèbe, pour reprendre une expression de Francis Berthelot à propos de l'auteur.

Les miroirs ferment mal (ce titre !) est d'un fantastique plus classique, avec la belle idée d'un miroir fermé par une grille pour empêcher sa dangereusement séduisante hôtesse de s'échapper. Un peu plus classique, peut-être, mais non seulement l'idée est originale, mais la nouvelle s'amuse avec les clichés du fantastique, genre sur lequel disserte le héros écrivain de la nouvelle.

Enfin, la nouvelle éponyme du recueil développe, à travers ces écrivains vieillissants, dont les héros Janvier et Septembre, envoyé sans ménagement vers une destination qu'ils ne connaissent pas, un absurde inquiétant et grinçant qui n'est pas sans rappeler Kafka (je me demande même s'il n'y est pas fait référence à La colonie pénitentiaire, mais je n'ai pas lu cette dernière nouvelle), avec une fin d'inspiration plus surréaliste et d'une délicieuse poésie lugubre.

Évidement, ce très beau recueil ne serait rien sans la plume de Châteaureynaud, qui n'a peut- être pas le sens de la formule aussi ravageur que dans L'Autre rive, mais déploie malgré tout une fort belle plume pour de fort belles histoire et de fort belles ambiances.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Kalev
  • Le blog de Kalev
  • : Chroniques de lectures, anciennes ou toutes récentes, avec quelques chroniques de films ici ou là.
  • Contact

Recherche

Liens