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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 15:41
Les Enfants de la pluie, de Philippe Leclerc

Addendum à cette chronique, quelques heures après rédaction, à la lumière de ce que je viens de glaner sur le net.

Vu que je suis en mode space op' en ce moment, avec surtout la pari pris récemment de lire tous les romans que je n'ai pas encore lu du cycle des Portes de Vangk de Laurent Genefort (chroniques de certains de ces romans à venir très bientôt), cela m'a donné envie de voir un dessin animé qui m'avait déjà intrigué lorsqu'il était à l'affiche, il y a une bonne dizaine d'années, pendant mes années de lycée, mais que j'avais oublié pendant des années comme bien d'autres œuvres. Cela allait me permettre en même temps de prendre une revanche sur le visionnage, il y a quelques mois, d'une autre animation fantastico-épique, Le Fil de la vie, avec lequel j'avais été très conciliant dans ma chronique, mais qui m'a m'a quand même fortement déçu par sa banalité visuelle et son scénario un peu bateau.

Lorsque je commençais, donc, il y a deux heures, à visionner Les Enfants de la Pluie, j'eus immédiatement une grand et belle surprise : si le nom du réalisateur, Philippe Leclerc, ne me disait toujours rien, je découvris que des personnalités de la essèfe française était au générique de cette production franco-coréenne : Caza, LE Caza est au dessin et également co-scénariste avec un certain Laurent Turner, lequel scénario est librement inspiré d'un roman de Serge Brussolo...miam miam. A noter que le réalisateur dédie son film à deux grands réalisateurs d'animation français, Paul Grimault d'abord, mais surtout René Laloux, à mes yeux LE cinéaste SF hexagonal, dont j'avais dit des bêtises ici, et dont il convient de rappeler que Gandahar faisait déjà appel à Caza.

Les Enfants de la pluie est une sorte de science-fantasy racontant la lutte entre deux peuples ennemis : les Pyross, habitants d'une cité du déserts que l'eau brûle mortellement et qui par conséquent redoutent la saison des pluies, et les Hydross, les fameux enfants de la pluie, qui se pétrifie à la saison sèche. Scan, le jeune héros Pyross, qui s'est fait un peu trop remarqué à cause de ses parents rebelles à l'autorité du grand prêtre Raza, est néanmoins embarqué dans la croisade contre les Hydross, et sera appelé à mener la révolte contre cet ordre inique.

Une fable pacifiste dénonçant la fascisme et le fanatisme, cela fait toujours du bien quand la sci fi commerciale et surtout la Big Commercial Fantasy montre encore trop souvent des Empires galactique et des elfes aryens casser de l'extra-terrestres ou de l'Orc. Néanmoins, le fond m'a semblé un peu moins subtil que ce à quoi je m'attendais : les Hydross sont un peu trop "bons sauvages" à mon goût, quasiment dépourvu de ressources défensives, dépendant trop du bon vouloir et de la prise de conscience des Pyross. Ce qui n'empêche pas le scénario d'être d'une grande intelligence, à la fois pour son propos et pour l'inventivité de l'intrigue et de l'univers.

Mais le principal intérêt du film, devant son intrigue qui reste somme toute très simple, est sa complète réussite esthétique. Les décors, les costumes, la faune et le flore, tout ceci rappelle la grande époque de Métal Hurlant, les bande dessinées de Moebius, Druillet et bien sûr Caza lui-même, ainsi que les films de Laloux déjà évoqué. L'inventivité visuelle du film en fait un spectacle enchanteur, qui rend scandaleux le fait qu'il soit passé relativement inaperçu (j'en ai peu entendu parler sur le net -je ne parle pas de la rue, c'est évident- même sur les forums SFFF). A voir absolument pour tout amateur du genre, et pour les autres.

ADDENDUM : je viens d'apprendre à l'instant que cette adaptation libre de A l'image du dragon de Brussolo était à l'origine un projet de René Laloux, projet avorté intitulé A l'ombre du dragon. Ceci explique bien des choses, et change également certaines choses. En fait, je n'ai pas attendu d'apprendre l'origine lalouesque des Enfants de la pluie pour comparer ce film à ceux de René Laloux et me faire la réflexion que tout en restant globalement un bon film, il est tout de même moins classe. Les films de Laloux sont sérieux, sans excès inutiles de potacherie, tandis que Les Enfants de la pluie, comme j'avais omis de le dire dans ma chronique, est incontestablement plus potache. La différence ne peut s'expliquer par celles des réalisateurs respectifs, Philippe Leclerc étant, comme Caza, un proche collaborateur de Laloux sur Gandahar. La pression des producteurs, peut-être ? Je ne crie cependant pas au massacre, ceci serait tout relatif : le film n'est potache qu'en apparence, son propos reste très adulte. C'est surtout en terme de classe que Les Enfants de la pluie ne peut rivaliser avec ce qu'on pourrait appeler les autres films de Laloux, si on considère le premier comme son dernier film. Mais est-ce bien grave ?

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